Santé des enfants

Savoir réagir en cas d’étouffement chez un enfant : gestes qui sauvent

Par Maxime
5 minutes

Quand la respiration s’arrête : pourquoi les enfants sont particulièrement exposés

Un moment d’inattention à table, un jouet mis à la bouche, un aliment mal mâché… L’étouffement chez l’enfant reste un accident fréquent et extrêmement angoissant pour toute la famille. Entre 1 et 4 ans, les tout-petits découvrent le monde en goûtant, en mordillant, ce qui les expose à l’ingestion de petits objets ou d’aliments risqués. Les enfants plus grands, parfois, veulent rire ou parler en mangeant, les mettant également en danger.


Reconnaître l’étouffement : signes d’alerte qui ne trompent pas

Chaque minute compte lorsque les voies aériennes d’un enfant sont obstruées. Savoir détecter immédiatement la gravité de la situation permet d’adapter votre réaction. Voici les deux scénarios principaux :

  • Obstruction partielle : l’enfant tousse, respire difficilement, rougit, mais parvient à parler ou émettre des sons.
  • Obstruction totale : il ne peut plus parler, pleurer ni tousser bruyamment. Il porte ses mains à la gorge (« geste des mains à la gorge »), il devient vite bleu (cyanose), paniqué puis inconscient si rien n’est fait.

Rappel important : ne perdez jamais de vue l’enfant, même si la toux persiste. La situation peut évoluer rapidement.


L’attitude à adopter face à une obstruction partielle

Quand l’enfant tousse efficacement ou parvient à parler :

  • Laissez-le tousser sans jamais le taper dans le dos s’il arrive à expulser l’objet seul : la toux reste le réflexe le plus puissant pour déloger un corps étranger.
  • Gardez-le dans une position demi-assise si possible, rassurez avec calme, et surveillez très étroitement.
  • Ne mettez jamais vos doigts dans la bouche ou la gorge « à l’aveugle » : vous risqueriez d’enfoncer plus profondément l’aliment ou l'objet.

À la moindre aggravation (toux inefficace, perte de conscience, absence de bruit), agissez sans attendre.


Obstruction totale : les gestes de survie selon l’âge

Bébé de moins d’1 an : méthode des claques dans le dos et compressions thoraciques

  1. Allongez l’enfant à plat ventre à cheval sur votre avant-bras, tête plus basse que le tronc, en maintenant la tête et les mâchoires (jamais l’arrière de la tête).
  2. Administrez 5 claques franches entre les omoplates (dos de la main), tout en vérifiant entre chaque si le corps étranger est expulsé.
  3. Si cela ne marche pas, retournez-le face vers le haut, toujours sur le bras, et réalisez 5 compressions thoraciques : deux doigts au milieu du sternum, poussez brièvement vers le bas.
  4. Alternez ces deux manœuvres jusqu’à ce que l’enfant reprenne une respiration efficace OU qu’il perde connaissance.

Enfant de plus d’1 an : manœuvre d’Heimlich adaptée

  1. Placez-vous derrière l’enfant debout (ou à genoux si besoin), passez vos bras autour de sa taille.
  2. Poing fermé au niveau de l’estomac (au-dessus du nombril), saisissez le poing avec l’autre main et réalisez jusqu’à 5 pressions énergiques vers l’intérieur et le haut.
  3. Vérifiez à chaque fois si l’objet sort. Si l’enfant tousse ou respire à nouveau, arrêtez.
  4. Si cela échoue, alternez 5 claques dans le dos (entre les omoplates, enfant penché vers l’avant) et 5 compressions abdominales (manœuvre de Heimlich).
  5. Arrêtez dès efficacité ou si l’enfant perd connaissance (passez alors à la réanimation cardio-pulmonaire).

Chez la femme enceinte ou en cas d'enfant trop corpulent pour l'entourer, réalisez plutôt les compressions thoraciques (au centre du sternum).


Et si l’enfant a perdu connaissance ?

  1. Allongez-le sur le dos, appelez immédiatement les secours (15 ou 112) si ce n’est déjà fait.
  2. Ouvrez prudemment la bouche pour tenter de visualiser l’obstacle. Si vous le voyez clairement, enlevez-le délicatement avec le doigt (jamais à l’aveugle).
  3. Démarrez la réanimation cardio-pulmonaire (RCP) : 30 compressions thoraciques, puis deux insufflations si possible, jusqu’à l’arrivée des secours ou qu’il respire seul.

L’absence de geste immédiat met en jeu la vie de l’enfant : privilégiez l’action. Même sans formation récente, vos gestes roses plus de chances de survie.


Quand et comment appeler les secours ?

Le réflexe d’alerte est vital dans tous les cas où l’enfant ne respire plus, vire au bleu, perd connaissance ou si la situation ne s’améliore pas après les premiers gestes.

  • Composez le 15 (SAMU), le 18 (pompiers) ou le 112 (numéro d’urgence européen).
  • Restez en ligne, suivez les conseils de l’opérateur et communiquez votre adresse exacte.
  • Ne raccrochez jamais tant qu’il ne vous y a pas invité.

Si vous êtes deux adultes, l’un prend immédiatement en charge l’enfant, l’autre prévient les secours.


Petits objets et aliments à risque : les principaux dangers du quotidien

  • Aliments ronds ou glissants : saucisses coupées en rondelles, raisins entiers, cerises, tomates cerise, billes de mozzarella, bonbons gélifiés, cacahuètes.
  • Jouets, petits éléments : perles, piles bouton, pièces de monnaie, capuchons de stylos, gommes, fragments de ballon de baudruche.

Évitez donc les morceaux ronds (préférez des coupes en bâtonnets), surveillez la taille des objets laissés à disposition des tout-petits et lisez bien les étiquettes de sécurité.


Les idées reçues à bannir pour bien réagir

  • Ne jamais secouer l’enfant tête en bas.
  • N’utilisez pas d’eau ou de boisson pour faire « passer » l’obstacle.
  • Ne doigez la bouche de l’enfant que si l’objet est bien visible, sinon vous risquez d’empirer la situation.
  • Ne tentez pas la manœuvre de Heimlich sur un bébé de moins de 1 an.

Prévenir l’étouffement à la maison : bonnes pratiques au quotidien

  • Adaptez la texture des aliments (écrasez, coupez finement, ôtez les noyaux, la peau) selon l’âge de l’enfant.
  • Évitez bonbons durs, fruits à coque entiers, aliments compacts, cubes ou ronds avant 4 à 5 ans.
  • Restez vigilant lors des repas : l’enfant doit être assis, calme et supervisé par un adulte attentif.
  • Rangez hors de portée tout petit objet non alimentaire, et choisissez des jouets normés adaptés à l’âge (logo CE, 0-36 mois barré le cas échéant).
  • Apprenez vous-même les gestes de premiers secours – de nombreux organismes proposent des formations (Croix-Rouge française, pompiers, associations locales).

FAQ – Réponses concrètes aux questions de parents

  • Quels sont les signes d’inquiétude immédiate ?
    Toux silencieuse ou inefficace, respiration sifflante ou absente, lèvres/visage qui bleuit, impossibilité de parler, perte de connaissance. Chaque minute compte.
  • Puis-je pratiquer la manœuvre d’Heimlich sur un enfant de moins de 1 an ?
    Non, c’est dangereux pour le nourrisson. Préférez la méthode des claques dans le dos et compressions thoraciques.
  • Dois-je toujours aller à l’hôpital après un étouffement ?
    Oui, surtout si le geste de désobstruction a été nécessaire. Un corps étranger peut avoir laissé des séquelles internes ou des micro-lésions, même si l’enfant reprend vite son souffle.
  • Et si l’enfant s’étouffe seul dans sa chambre ?
    Soyez vigilant à ne pas laisser de petits objets/jouets accessibles. Apprenez à repérer les signes et à intervenir rapidement même sans assistance, le temps joue toujours contre l’enfant.

Entraînement pratique et check-list : se préparer pour agir vite

  • Mémorisez le numéro des urgences sur votre téléphone (et celui de la personne qui s’occupe de l’enfant).
  • Apprenez en famille (adolescents, grands-parents, nounous) la méthode adaptée selon l’âge.
  • Veillez à l’environnement (plats adaptés aux petits, objets rangés, surveillance constante lors des repas et jeux).
  • Restez calme : votre sang-froid rassurera l’enfant et vous aidera à agir efficacement.
  • Après l’incident, consultez un professionnel de santé même si tout rentre dans l’ordre.

En résumé : chaque seconde compte, la prévention avant tout

L’étouffement est une urgence vitale qui peut concerner tous les enfants, à n’importe quel moment du quotidien. Connaître les gestes qui sauvent, pratiquer régulièrement et rester vigilant à la maison sont les meilleures armes pour protéger vos enfants. Plus on s’entraîne, plus on réagit vite – c’est la clé pour transformer un potentiel drame en simple incident, et offrir à son enfant la sécurité qu’il mérite.

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