Parentalité

Gérer l’utilisation des écrans à la maison : stratégies efficaces pour les parents

Par Maxime
6 minutes

Comprendre la place des écrans dans la vie familiale moderne

Tablettes, smartphones, téléviseurs, consoles... Les écrans sont aujourd'hui omniprésents à la maison. On s'en sert pour apprendre, s'informer, jouer, échanger ou juste se détendre. Nombre de parents s'interrogent : à partir de quand la présence des écrans devient-elle problématique ? Comment trouver le juste équilibre entre interdiction stérile et accès illimité ?


À quels moments et pourquoi encadrer l’usage des écrans ?

S’il est illusoire (et peu réaliste) de bannir totalement les écrans du quotidien, il reste essentiel d’instaurer des règles. Un encadrement pertinent aide à protéger les enfants des risques (troubles du sommeil, concentration, exposition à des contenus inadaptés, sédentarité) tout en leur permettant de bénéficier des ressources positives du numérique.


  • Le temps : une surexposition favorise fatigue, nervosité et problèmes d’endormissement chez les plus jeunes.
  • Le contenu : tous les écrans ne se valent pas ! Jeux vidéo, vidéos, réseaux sociaux : chaque usage a un impact différent.
  • Les moments clés : le soir, pendant les repas ou les devoirs, la présence des écrans nuit à la communication et à la qualité du sommeil.

Fixer un cadre clair : des règles précises, comprises de tous

Là où les interdits vagues échouent, la précision et l’anticipation font la différence. Construire, en famille, une charte d’utilisation des écrans apporte de la clarté, pose des limites tout en laissant une marge de discussion.


  • Définir ensemble les horaires d’écran : horaires fixes le soir, pauses régulières, âge minimum pour certains réseaux…
  • Choisir des zones "sans écrans” : on évite tablettes et téléphones dans la chambre, à table, lors des moments de partage (jeux, repas, sorties…)
  • Adapter les règles selon l’âge : petits, ados et adultes n’ont pas les mêmes besoins ni la même maturité numérique.
  • Expliquer les raisons : mieux vaut parler santé, autonomie, capacité d'attention que diaboliser le numérique.

Structurer la journée : le rôle déterminant de la routine

  • Privilégier les moments où l’attention doit être préservée : aucun écran pendant les repas, avant le coucher (au moins 1h avant de dormir), pendant les devoirs.
  • Cadrer le temps d’écran par des plages horaires délimitées (programmées à l’avance : après les devoirs, le week-end).
  • Proposer des alternatives stimulantes : jeux de société, activité artistique, sortie.

Un calendrier visible ou un minuteur sur la tablette facilite les transitions, en dépersonnalisant le rappel : ce n’est pas “papa” ou “maman” qui interdit, mais la règle commune.


Doser l’autonomie selon l’âge : une direction progressive

  • Pour les plus petits (2 à 6 ans) : le contrôle parental doit être direct : le parent choisit la durée (quelques dizaines de minutes), le contenu, et accompagne l’enfant lors de l’utilisation.
  • À partir de 6 ans : instaurer des routines, encourager les pauses pour bouger, discuter avant/après l’utilisation (qu’a-t-il vu, appris ?). Les écrans restent partagés dans la pièce commune.
  • À l’adolescence : faire évoluer les règles vers plus de responsabilisation. Dialogue sur le contenu, la cybercourtoisie, compréhension de la trace numérique, gestion du temps (notamment les réseaux sociaux).

Encadrer les contenus et accompagner plutôt que surveiller

  • Installer des solutions de contrôle parental (applications, profils restreints, chaînes adaptées) pour les tablettes, TV et smartphones.
  • Faire le point régulièrement sur ce que l’enfant regarde, joue ou consulte. Poser des questions, échanger et rebondir sur ses découvertes.
  • Privilégier les moments où toute la famille regarde ensemble (choix d’un film, analyse d’un phénomène, discussion sur l’actualité).
  • Rapide veille parentale : surveiller les nouveautés (jeux à la mode, influenceurs, challenges viraux) pour anticiper d’éventuels problèmes ou discussions.

Ce qui fonctionne vraiment : trucs et astuces testés

1. Proposer des micro-défis « zéro écran »

  • Lancer une semaine « après 19h, on range les écrans » pour tous, y compris les parents. À la place : soirée questions-réponses, atelier cuisine express, promenade nocturne.
  • Imprimer une grille ou des cartes de défis (inventer une chanson en famille, organiser un concours de dessin, construire une cabane en coussins…) pour varier les plaisirs.

2. Table familiale : zone « no-écran » déclarée

  • Installer une boîte où chacun dépose son téléphone/console avant de passer à table.
  • Encourager la conversation, lancer la « question du jour » ou les anecdotes pour dynamiser la discussion.

3. Mettre les écrans au service de la créativité

  • Programmer des temps dédiés à la découverte : créations vidéo, expériences scientifiques, apprentissage d’un instrument avec tutoriels, jeux collectifs connectés (quiz en ligne mais en famille).
  • Participer à un projet numérique en commun (montage d’une vidéo, album photo de vacances, blog ou fiche encyclopédique collaborative).

4. Favoriser l’alternative active ou collective

  • Lister avec les enfants (papier accroché au frigo, post-it dans le salon) toutes les idées d’activités “hors écran” qui plaisent à la famille. Lorsqu’une envie d’écran surgit, piocher une alternative.
  • Organiser régulièrement des soirées à thème : jeux de société, dégustation de recettes, atelier bricolage.

L’exemplarité parentale : un levier incontournable

Les enfants, même très jeunes, observent et imitent. Si les adultes répondent systématiquement à leurs notifications smartphone, consultent leurs courriels à table, ou laissent tourner la télévision en bruit de fond, difficile de réclamer le contraire à ses enfants !


  • Se fixer à soi-même (dans la mesure du possible) les mêmes règles que celles pour les enfants.
  • Utiliser le mode « ne pas déranger », couper les notifications hors travail ou pendant les temps de partage.
  • Parler ouvertement de ses propres difficultés à décrocher, pour dédramatiser, expliquer ses efforts et montrer l’intérêt d’un usage raisonné.

Les pièges à éviter absolument

  • Utiliser l’écran comme solution systématique à l’ennui, la tristesse ou l’agitation. L’enfant n’apprend plus à gérer ces émotions autrement.
  • Confondre récompense/punition et utilisation d’écran. Interdire en guise de sanction ou offrir l’écran comme seule récompense donne trop d’importance à l’objet.
  • Céder sur les horaires “par fatigue”. Mieux vaut annoncer (et tenir) des limites courtes, mais non négociables, quitte à réajuster dans quelques semaines.
  • Laisser les jeunes enfants seuls devant un écran. Ils risquent d’être exposés à des contenus non adaptés ou anxiogènes.

Questions fréquentes autour de l’encadrement des écrans à la maison

  • Faut-il interdire totalement les écrans avant 3 ans ?
    Les autorités sanitaires le recommandent, tout en sachant que le “zéro” n’est pas toujours faisable. Mieux vaut privilégier l’absence totale ou, à défaut, un encadrement strict (vidéos adaptées et courts moments partagés avec un adulte).
  • Quelle est la durée maximale d’écran conseillée selon l’âge ?
    Avant 6 ans : pas plus de 30 min par jour, sous surveillance. De 6 à 10 ans : 1h maximum, partagée et fractionnée. À partir de 11 ans, adapter en fonction de la maturité et multiplier les pauses.
  • Avons-nous besoin d’un contrôle parental sur tous les écrans ?
    C’est une aide précieuse, mais elle ne remplace jamais l’échange et la vigilance. Il s’agit d’un “pare-choc” plus qu’un garant de la sécurité absolue.
  • Comment réagir si mon enfant ment ou cache son usage ?
    Dialoguer sans dramatiser, chercher à comprendre ce qui le pousse à dissimuler. Réévaluer ensemble les règles, rappeler pourquoi elles existent.
    Impliquer l’enfant dans la co-construction des solutions.

Checklist pratique : pour une gestion saine et sereine des écrans

  • Établir, dès 3-4 ans, des règles écrites ou visuelles (tableau, pictogrammes, sablier numérique…)
  • Définir des moments collectifs « sans écran » quotidiens : repas, jeu en famille, lecture...
  • Choisir des contenus et applications adaptés et partager l’usage avec l’enfant, même de façon ponctuelle.
  • Installer le matériel dans les espaces communs ; éviter les appareils dans la chambre avant le collège.
  • Désigner chaque semaine un “jour sans écran” ou une activité alternative obligatoire.
  • Dialoguer régulièrement autour de ce que l’on a vu, appris, ou qui pose question en ligne.
  • Réajuster les règles selon l’âge, le rythme familial ou les difficultés rencontrées.
  • Se rappeler que la cohérence familiale compte autant que la règle elle-même : adultes et enfants avancent ensemble.

À retenir : la gestion des écrans, une affaire de dialogue, de repères... et de souplesse

Maîtriser la place du numérique à la maison n’est pas une lutte sans fin, mais un équilibre à construire et à ajuster avec le temps. Poser des cadres clairs, échanger autour des usages, exemplifier et impliquer chaque membre de la famille sont plus efficaces que la surveillance à outrance ou les interdits anxiogènes. L’enjeu n’est pas de diaboliser les écrans, mais d’en faire des outils au service du bien-être, de la créativité et de la famille. Petit à petit, chacun développe des réflexes plus autonomes, pour mieux profiter du quotidien, connecté ou non.

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